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DMLA, du nouveau ?

C’est une question très fréquente auprès des patients que nous recevons. Pour y répondre, je crois qu’il faut prendre un peu de recul. J’ai commencé à travailler sur les aides DMLA en 1992. La création de Thomas Sinclair remonte à 2004. En vingt ans, il s’est passé pas mal de choses pour ce qui concerne la DMLA, sa prise en charge thérapeutique, les solutions concrètes. Bilan de ces évolutions :

L’invention de l’OCT

Retour en 1992. Au niveau du suivi de l’évolution de la maladie, l’ OCT n’existait pas. Aujourd’hui, lorsque je parle de DMLA avec des spécialistes ophtalmologistes, tous se demandent comment on faisant avant l’OCT. Cette technique d’imagerie à véritablement révolutionné le suivi du patient, en permettant à l’ophtalmologiste de voir in-vivo une coupe de la rétine du patient. Aujourd’hui, l’OCT est devenu une technique de plus en plus répandue dans les cabinets d’Ophtalmologie. Elle permet de dresser un diagnostic bien plus précis de l’état de la Macula, et de prendre les mesures thérapeutiques nécessaires

Les traitements de la DMLA

En 1992, le traitement principal pour les formes humides est la photocoagulation Laser, comme l’indique ce rapport de la HAS de 2001 (Merci au Dr Zanlonghi de bassevision.net pour cette référence). Apparu à partir de 2001, le premier traitement par photothérapie Dynamique Vysudine concerne les formes humides, soit environ 30% des Dmla. Avec le temps, et grâce à l’apport de l’OCT, les résultats se sont améliorés. Et on a constaté une évolution sur la vision fonctionnelle de nos patients.

Aujourd’hui, en 2012, le nombre de traitement a considérablement augmenté. Des traitements de la forme sèche sont également en cours d’évaluation clinique.

Concernant nos patients, j’ai l’impression que les traitements permettent à beaucoup plus de patients de conserver une acuité fonctionnelle de l’ordre de 0.3 -P6 . L’impact fonctionnel est considérable, car avec 0.3 – P6, nous avons des solutions optiques intéressantes. C’est ainsi que nous avons pu développer notre verre progressif DMLA qui s’adresse justement à ces patients sous traitement.

Pour l’avenir, on annonce de nouveaux traitements, en particulier pour la forme sèche. Les premiers essais de récupération fonctionnelle par greffe de cellules souches rétiniennes ont eu lieu très récemment. J’ai le sentiment que dans les 20 prochaines années, cette technologie pourrait beaucoup apporter aux patients.

Sur les aides optiques et électroniques

L’évolution a été considérable. En 1992, nous avions le choix entre les systèmes optiques grossissant Galilée et Kepler, les lunettes loupe microscopiques et les loupes à main. Pour les patients avec une acuité visuelle inférieure à 0.2 l’équipement était très limité. Les premiers téléagrandisseurs avait été commercialisés. Monstrueux, doté d’une caméra à tube Vidicon et d’un écran cathodique noir et blanc, ils coutaient environ 50000 francs. J’ai une photo quelque part ; si je la retrouve je la posterai.

Aujourd’hui, nous disposons d’une gamme beaucoup plus vaste, surtout en Vision de Près (lecture). Pour les patients sous traitement dont l’acuité visuelle fonctionnelle reste voisine de 0.3, nous disposons même d’un verre progressif spécialisé. Pour ceux dont l’acuité est comprise entre 0.05 et 0.2, les loupes électroniques apportent un grand confort au quotidien, à la maison, au travail ou dans les magasins. Les téléagrandisseurs ont aussi considérablement évolués. Et pour les patients dont l’acuité est inférieur à 1/50, les toutes dernières machines à lire sont vraiment très impressionnantes.

Toutes ces améliorations sont principalement dues aux progrès de l’électronique, à l’extrème miniaturisation des composants, …et aux productions en gros volumes d’écran miniatures pour les téléphones portables. Lorsque en 1995, nous avions cherché à développer une loupe électronique avec batteries et écran intégré, l’ensemble tenait dans un attaché case, pesait 4 Kg et coutait 25000 francs. Aujourd’hui, une bonne loupe électronique tient dans la poche, pèse environ 100g et coutent 400 euros.

Il reste cependant des solutions à trouver, en particulier pour la vision de loin et son corolaire : la conduite automobile. Peut-être qu’à terme, la réalité augmentée va faire une apparition dans le domaine de l’équipement des malvoyants. C’est en tout cas une piste qui me semble prometteuse

One Response to DMLA, du nouveau ?

  1. Je trouve aussi que la piste de la réalité augmentée est très prometteuse, pour les malvoyants en particulier mais aussi pour rendre la vie plus pratique à tout le monde en général

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